Après des années de
présence sur le marché, bon
nombre de pêcheurs n’ont
toujours pas adopté la
tresse car ils sont
réticents à investir dans
des bobines qui coûtent deux
à trois fois plus cher que
leurs traditionnels nylons.
Pourtant, en y regardant
d’un peu plus près, cet
investissement est très
rapidement rentabilisé.
Des
mérites incontestables
Le
premier argument en faveur de la
tresse est sa résistance. La
tresse est réalisée par le tissage
de plusieurs dizaines de brins de
fibres synthétiques ce qui lui
permet de supporter, à diamètre
égal, un poids jusqu’à quatre fois
supérieur à celui entraînant la
rupture d’un nylon.
Elle est devenue irremplaçable pour
la pêche sportive des gros
carnassiers comme le silure.
Imaginez un instant la taille et le
poids du moulinet qui contiendrait
plus de 200 m de nylon 60/100... En
revanche, une tresse de 25 à 30/100
allie la résistance nécessaire à un
volume minimum, permettant ainsi
d’utiliser un moulinet sûr et
robuste, mais d’une taille
acceptable !
Le
second avantage est son absence d’élasticité.
Tandis que les nylons peuvent
s’allonger de 15 à 20%, la tresse
quant à elle, demeure inextensible.
Sentir le moindre déplacement du
poisson mort a toujours été le
principal souci pour les pêcheurs au
manié. L’attaque discrète d’un
sandre à plusieurs dizaines de
mètres du pêcheur, est
incomparablement mieux transmise par
une tresse sans élasticité que par
le meilleur des nylons. L’animation
elle aussi, est plus précise et que
dire de l’efficacité du ferrage,
surtout à grande distance ?!
Une
autre qualité de la tresse est sa
souplesse. Dans les pêches au
mort posé, le sandre se saisissant
du poissonnet ne sent aucune
résistance grâce à l’exceptionnelle
souplesse de ce matériau.
Les
revers de la médaille
La
tresse a tout simplement les défauts
de ses qualités. Sa grande
résistance a pour conséquence
l’emploi de diamètres beaucoup plus
fins que ceux du nylon et elle
devient de se fait nettement plus
difficile à voir. De plus, sa
légèreté qui certes permet
d’atteindre de grandes distances, la
fait flotter lors des lancers à
cause de l’emprise au vent. Ce
problème concerne tout
particulièrement certains modèles
dont la section n’est pas ronde mais
plutôt plate, comme une sorte de
ruban. Il est donc indispensable par
grand vent et dans les courants
soutenus, d’avoir recours à des
leurres plus lourds qu’à
l’accoutumé.
L’absence d’élasticité combinée à
une canne à action de pointe dure
rendent les décrochages fréquents
car le manque d’élasticité oblige à
un parfait réglage du frein du
moulinet ainsi qu’un poignet des
plus souples pour accompagner le
moindre mouvement du carnassier.
Quant
à la souplesse, elle peut provoquer
d’innombrables emmêlements
pour peu que le pêcheur ne prenne
pas la précaution de ralentir sa
sortie du moulinet afin que le
leurre soit freiné juste avant son
contact avec la surface de l’eau.
Plus que jamais, il est également
impératif d’accompagner la descente
bannière tendue, sinon les hameçons
triples se retrouvent enchevêtrés
dans la tresse.
Les
erreurs à éviter
Employer de la tresse nécessite de
modifier quelques unes de nos
habitudes. Tout d’abord,
attention aux doigts ! Lors des
lancers, pendant le combat ou lors
des décrochages, tout contact des
doigts avec la tresse peut aboutir à
des entailles relativement
profondes. Il convient donc de
freiner, de ralentir et de bloquer
la bobine, et non pas la tresse.
Quelle que soit la distance à
laquelle intervient l’attaque, le
ferrage est considérablement moins
violent et le geste moins ample
avec une tresse qu’avec un nylon.
Lors du combat, même si le poisson
est très éloigné du pêcheur, 20 m et
plus, le nylon de par son élasticité
permet d’estomper certaines erreurs
puisqu’il peut s’allonger de 2 à 3
m. En revanche avec la tresse, à
pareille distance, un déplacement du
poisson de 50 cm par exemple, doit
être obligatoirement accompagné par
un déplacement de la canne
d’environ... 50 cm !
Tous
les nœuds réalisés sur une tresse
doivent comporter au minimum deux
fois plus d’enroulements que ceux
réalisés sur nylon. Une autre
solution consiste à les bloquer à
l’aide d’une goutte de colle
cyanoacrylate. Dans tous les
cas, laisser dépasser à leur
extrémité 2 à 2 cm de tresse permet
de tolérer un petit glissement.
Matériel
Pour
les techniques sportives, une
canne d’action de pointe douce,
munie d’anneaux d’excellente
qualité, est indispensable pour
pouvoir supporter le passage répété
de la tresse, plus abrasive que le
nylon, surtout au niveau de l’anneau
de tête. Des anneaux de type SIC
(silicone carbide) ou en carbonate
de silicium sont les plus résistants
à l’usure.
Choisissez un moulinet équipé d’une
bobine peu profonde et conçue pour
enrouler la tresse en spires
croisées afin d’éviter
d’inextricables perruques. Lors du
remplissage, veillez à ce que la
tresse soit toujours parfaitement
tendue, sinon les enroulements
supérieurs risquent de se coincer
dans les précédents.
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